Voici nos prévisions! Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait?

Voici nos prévisions! Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait?

Nous avons créé une prévision de croissance et de compétences qui souligne certains des domaines potentiels de croissance et de risque pour les travailleurs et les employeurs en 2030. Et après?
Diana Rivera
Senior Economist
May 29, 2020
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Approche

En 2018, nous nous sommes donné pour tâche d’ajouter une perspective nouvelle, à plus long terme, à la somme d’information sur le marché du travail au Canada. À défaut de disposer d’une boule de cristal, nous nous sommes demandé à quoi pourrait bien ressembler le monde du travail au cours de la prochaine décennie, en nous basant sur l’information dont nous disposons actuellement. Nous avions pour objectif de faire des prévisions quant à la croissance de l’emploi et aux compétences recherchées à l’horizon 2030, afin de mieux comprendre les mutations en cours. Des prévisions tenant compte de l’évolution probable du marché de l’emploi d’après les tendances historiques, les perturbations que l’on voit poindre à l’horizon, ainsi que l’avis des experts sur la façon dont ces tendances peuvent évoluer et interagir.

Nous avons entrepris le projet L’Emploi en 2030 en nous efforçant de mettre au jour les tendances profondes qui façonnent l’avenir du monde du travail, de l’augmentation des inégalités à la raréfaction des ressources, en passant par l’évolution technologique. Nous avons ensuite réuni des experts de partout au pays afin d’analyser comment ces tendances peuvent interagir et influencer la situation de l’emploi dans différents types de professions. Nous avons imaginé de nouveaux secteurs d’emploi et des professions de rêve (nos préférées étant « enquêteur sur le Web invisible » et « conseiller en réduction de la consommation »), tout en mettant à profit les données d’experts et celles que nous avons colligées, ainsi que les profils professionnels que nous avons définis, pour formuler nos prévisions en matière d’emploi. 

En nous basant sur nos prévisions, nous avons cherché à déterminer comment certaines politiques peuvent être mises en œuvre pour maximiser les possibilités qu’elles représentent, tout en réduisant les risques. Dans le rapport qui accompagne nos prévisions, intitulé Une décennie d’avance, nous nous basons sur nos prévisions pour répondre à certaines questions d’importance : Quelles sont les professions qui devraient croître ou décliner par rapport à l’emploi national d’ici dix ans? Qui exerce ces professions aujourd’hui? Qui ne les exerce pas? Que pouvons-nous commencer à faire à ce sujet? Quelles compétences seront nécessaires pour faire face à ces changements?

Alors que nous sommes confrontés à la crise actuelle de la COVID-19, il sera extrêmement important de penser à la reprise économique en gardant ces questions à l’esprit. Bien que les recherches à l’origine de ces prévisions aient été menées avant la crise, elles restent un outil de planification précieux pour le long terme, alors que les décideurs se réunissent pour tracer un avenir après la pandémie. Notre directeur général, Sean Mullin, réfléchit également à l’importance des prévisions en période d’incertitude absolue.

Constats

Nos Prévisions sur la croissance des professions (Forecast of Occupational Growth, FCOG) donnent une indication claire des changements à venir. Au Canada, 19 % des travailleurs occupent des emplois dans des professions dont on prévoit la croissance par rapport au marché canadien de l’emploi au cours de la prochaine décennie, tandis que 15 % d’entre eux occupent des emplois dans des professions dont on prévoit le déclin. Comme prévu, on s’attend à une croissance des professions dans les domaines de la santé et des sciences, avec en tête la supervision en milieu forestier, les soins infirmiers et le génie industriel. On s’attend aussi à une croissance des professions axées sur les services et nécessitant un haut niveau d’expertise technique (chef ou designer graphique, par exemple) d’ici 2030. Non seulement nous sommes-nous intéressés aux professions en progression et en déclin, mais nous avons aussi voulu savoir quelles compétences et aptitudes sont au cœur de ce changement et seront fondamentales dans le marché du travail de 2030. Parmi celles-ci, on compte des aptitudes à caractère social comme l’instruction, la persuasion et le souci du service à la clientèle, ainsi que des habiletés cognitives comme la facilité de conception d’idées (c’est-à-dire, le remue-méninges, la capacité à générer un grand nombre d’idées sur un sujet, sans que la qualité, l’exactitude ou la créativité de celles-ci ne revêtent une importance primordiale) et la mémorisation (c’est-à-dire, la capacité à mémoriser l’information ; comment accomplir une procédure médicale, par exemple). 

Notre analyse révèle que les risques, la résilience et les occasions qui seront probablement associés à ces changements affecteront les travailleurs et les régions du pays de différentes manières. Le niveau de scolarité, le revenu et le sexe des travailleurs modulent l’incidence de ces risques et de ces possibilités, tout comme le font des facteurs comme l’identité autochtone, l’immigration et la race. Nous cernons certains secteurs pour lesquels la mise en œuvre de politiques et de programmes peut favoriser la résilience des travailleurs comme celle des employeurs. Nous mettons en évidence les professions, les secteurs d’activité, les régions et les groupes plus vulnérables aux perturbations, ainsi que les aptitudes et les compétences susceptibles de les aider à s’adapter. À titre d’exemple, nous constatons qu’au cours des prochaines années les hommes sont susceptibles d’être confrontés à davantage de risques, mais aussi de bénéficier de meilleures possibilités que les femmes – en particulier celles qui exercent des professions en déclin, qui ont de bas salaires et qui sont par le fait même plus vulnérables au changement.

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Pourquoi cette étude?

Jusqu’à maintenant, le Canada ne disposait pas d’un panorama complet et utile des perspectives en emploi, prenant en considération les aptitudes requises par chacune des professions, et tenant compte des tendances complexes et des perturbations qui affectent le marché du travail aujourd’hui et qui l’affecteront dans les années à venir. Pour envisager les différents scénarios susceptibles de se concrétiser, nous avons besoin de plusieurs types d’informations, notamment les données actuelles, des aperçus de nature qualitative, ainsi que des projections quant aux différentes tournures que peuvent prendre les événements. Ces prévisions ont pour objectif de combler un tel manque, grâce à une perspective résolument tournée vers l’avenir, complémentaire des autres prévisions.

Ces prévisions sont un outil. Il propose un corpus de données unique et complémentaire aux personnes ayant une influence sur les travailleurs, sur la formation et sur les politiques, afin de les aider à planifier la société de demain. Le rapport qui accompagne nos prévisions offre aux décideurs stratégiques, aux prestataires de services et aux enseignants des pistes d’orientation afin de concevoir des politiques adaptées aux défis et aux occasions à venir. 

Ces prévisions sont un outil. Celui-ci est destiné à fournir des données supplémentaires et uniques à ceux qui disposent des ressources nécessaires pour influencer les travailleurs, la formation et les politiques, afin de guider la conception de politiques et de programmes plus susceptibles d’être résilients par la suite. Le rapport qui l’accompagne fournit aux décideurs politiques, aux chercheurs, aux fournisseurs de services et aux éducateurs des indications sur les points sur lesquels ils doivent se concentrer pour se préparer à relever les défis et à saisir les occasions qui se présenteront. 

Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait?

Les outils ne sont utiles que lorsqu’ils sont utilisés. Nous encourageons donc les lecteurs à s’inspirer de nos prévisions, de nos analyses et de l’application Web lors de la conception de politiques et de programmes, à les bonifier et à ajouter leur contribution à nos analyses et à leurs corollaires, ainsi qu’à diffuser les résultats de nos recherches auprès de ceux susceptibles d’en bénéficier. À titre d’exemples, les lecteurs peuvent envisager :

  • D’utiliser les résultats de L’Emploi en 2030 pour la conception et la mise en œuvre de politiques et de programmes dans différentes instances gouvernementales ou en vue d’améliorer certains outils (par exemple, les explorateurs de carrières ou de parcours professionnels) conçus pour aider les travailleurs et les employeurs à affronter les changements probables à venir.
  • D’explorer la possibilité d’enseigner les compétences et les aptitudes fondamentales identifiées dans notre analyse dans le cadre de nouveaux programmes ou de programmes existants, de la maternelle à l’école secondaire, dans les programmes d’études postsecondaires ou dans le cadre d’environnements d’enseignement informels, et imaginer de nouveaux outils pour mesurer et évaluer l’acquisition de ces compétences et aptitudes ; prendre des mesures pour s’assurer que davantage de Canadiens les acquièrent.
  • D’approfondir les couches démographiques plus granulaires et intersectionnelles pour évaluer la résilience de différents groupes de travailleurs, par exemple, à travers les fossés ruraux et urbains, ou pour des identités intersectionnelles particulières.
  • D’examiner les effets à long terme de la crise de la COVID-19 sur la composition du marché du travail canadien et de la façon dont ces tendances pourraient être intégrées dans les versions ultérieures de cette prévision. 
  • D’appliquer les tendances décrites dans C’est le début d’un temps nouveau lors de la conception et de la planification de politiques, afin de dégager les meilleurs scénarios et de prendre les mesures nécessaires pour les réaliser. Cela peut nécessiter un examen plus détaillé des tendances recensées et de leurs effets potentiels dans des contextes précis tels que les secteurs d’activité, les régions ou les groupes démographiques. 
  • De travailler en collaboration avec nous afin de reproduire et de répéter cette étude au cours des années à venir, afin de continuer à offrir des prévisions qui complètent les projections plus traditionnelles comme le Système de projection des professions au Canada (SPPC).

Si vous désirez explorer les possibilités de partenariat ou de collaboration avec IBI+E en lien avec notre projet, L’Emploi en 2030, ou si vous désirez obtenir plus d’information sur cette recherche, veuillez communiquer avec nous!

For media enquiries, please contact Lianne George, Director of Strategic Communications at the Brookfield Institute for Innovation + Entrepreneurship.